Parcours et regard

Quel a été votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai effectué une formation en soins infirmiers à Lausanne et une formation en psychologie à l’Université de Genève. J’ai travaillé dans différents domaines, mais en particulier en psychiatrie. J’ai ensuite œuvré plus d’une dizaine d’année dans le domaine pénal, au sein du service de probation dont la mission était de prévenir les risques de récidive et favoriser la réinsertion sociale. J’ai dirigé ce service à l’interface du domaine pénitentiaire, judiciaire, médical et social durant quelques années, pendant lesquelles je me suis intéressé à la question de l’évaluation de la dangerosité et présidé la commission de dangerosité cantonale. En 2015, j’ai été nommé à la tête du service de la santé publique. J’ai pris mes fonctions dans le contexte du débat hospitalier et j’ai découvert ensuite la dimension d’une crise sanitaire lors de la pandémie.

Quelles sont les missions principales de votre service ?

La santé publique ne se limite pas aux soins. Elle commence bien en amont, en créant les conditions qui permettent à chacune et chacun de vivre dans un environnement favorable à son bien-être, tant physique que mental et social. C'est dans cette perspective que le Service cantonal de la santé publique agit au quotidien. Cette mission implique également de protéger la population face aux risques susceptibles d'affecter sa santé, qu'il s'agisse de situations de crise ou de problématiques plus localisées nécessitant une intervention ciblée. Lorsque des besoins de prise en charge se présentent, le service veille à ce que chaque personne, quelle que soit sa situation, puisse accéder à des soins ou à un accompagnement adapté, dans le respect de ses droits et de sa dignité. Enfin, afin de répondre efficacement aux besoins de la population, le SCSP s'assure que les ressources du système de santé — professionnels, établissements et financements — soient en adéquation avec les réalités du terrain et les évolutions démographiques et sanitaires du canton.

Quels sont les principaux enjeux ou défis auxquels vous êtes actuellement confronté·e ?

Les enjeux du système de santé actuel sont multiples : évidemment maîtriser la croissance des coûts et son impact sur les primes et, de manière tout aussi prépondérante, disposer de suffisamment de relève des professionnels de santé, mais aussi trouver des réponses adéquates au vieillissement démographique, disposer d’infrastructures en suffisance (il faudra par exemple 600 lits d’EMS supplémentaires d’ici 2035). A cela s’ajoute, l’intégration des changements climatiques dans les problématiques de santé, tout en faisant face à des crises sanitaires plus régulières. Sans oublier, repenser les manières de communiquer sur la santé, notamment dû à l’émergence des réseaux sociaux, avec leurs bons et moins bon côté en matière d’information (ou désinformation).

Qu’est-ce qui rend votre service particulièrement important pour la population neuchâteloise ?

Le service de la santé publique doit garantir les ressources nécessaires à un système de santé de qualité, favoriser la promotion de la santé et la prévention des maladies, travailler avec les communes pour créer des environnements favorables à la santé, surveiller et prévenir l’émergence de risques sanitaires (par exemple, plus d’une cinquantaine de maladies transmissibles sont observées en permanence pour pouvoir agir le plus rapidement possible en cas de risques pour la population). Il exerce également la surveillance des professionnels et des institutions de santé (police sanitaire), doit être garant d’une qualité de soins tout en veillant à leur économicité et à en planifier les ressources nécessaires.

Pouvez-vous donner un exemple concret d’action menée par votre service ?

Par exemple, dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative fédérale dite « pour des soins infirmiers forts », le canton de Neuchâtel a estimé devoir former d’ici 2032 1’100 infirmières et infirmier et 800 assistantes et assistants en soins et santé communautaire (ASSC). Il s’agit d’un travail d’évaluation des besoins et de coordination entre les acteurs concernés afin d’augmenter le nombre de futurs professionnels-elles à former. Un tel projet réunit de nombreux services de l’Etat (service des formations post-obligatoires et de l’orientation, service de l’emploi, service de l’action sociale, service des migrations et service juridique), mais également de très nombreux acteurs concernés (Hôpitaux, EMS, services de soins à domicile, représentant de l’Association des infirmières-iers, convention collective de travail CCT21, etc.). Un tel projet illustre bien que pour que le système de santé puisse remplir son rôle de manière optimale, c’est tout un écosystème à mettre en équilibre qui englobe de nombreux éléments dont : la promotion de la santé, les mesures de prévention et de protection de la population, la chaîne de secours, les lieux de soins en suffisance, la qualité des prestations et des professionnels hautement qualifiés. De plus, c’est un système qui doit garantir une disponibilité permanente, toute l’année, jour et nuit.

Que diriez-vous à une personne qui envisagerait de rejoindre votre service ou l’État de Neuchâtel ?

Travailler au sein de l’Etat est une manière de se mettre au service de la collectivité et cela donne du sens à son travail au quotidien. L’Etat dispose de compétences vastes et pointues et les échanges avec les services permettent de construire des projets d’envergure et de grande complexité. Le domaine de la santé, lui, couvre un périmètre très vaste regroupant de très nombreuses disciplines (économie de santé, droit, disciplines médicales et pharmacie, gestion de planification, gestion de crise, etc.) Ce domaine est en effervescence permanente et ne cesse d’évoluer. On apprend tous les jours et on ne peut pas s’y ennuyer pour cause de routine. Un travail idéal pour les curieux !

Un lieu que vous appréciez particulièrement dans le canton ?

Il y a trop de lieux magnifiques pour n’en citer qu’un, mais les Tourbières par exemple offrent un décor magique

En trois mots, comment décririez-vous le canton de Neuchâtel ?

Innovant, chaleureux, surprenant

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