Entrée en vigueur du 142, le numéro national gratuit et confidentiel d’aide aux victimes

Depuis le 1er mai 2026, les victimes de violences physiques, psychiques ou sexuelles peuvent composer le 142 pour obtenir gratuitement et anonymement de l’aide et des conseils 24h/24 et 7j/7.

Sans connaissance de leur existence, les personnes confrontées à des situations de violence ne peuvent pas bénéficier des prestations de conseil et d’assistance proposées par les dispositifs d’aide aux victimes. Le numéro 142 permet aux victimes d’accéder facilement à un accompagnement assuré par des professionnel-le-s spécifiquement formé-e-s.

Le Service d’aide aux victimes (SAVI) garantit une écoute anonyme et confidentielle, informe les personnes concernées sur leurs droits ainsi que sur les démarches envisageables, et les oriente, le cas échéant, vers les services compétents. Ce dispositif est accessible indépendamment de l’identification des auteur-ice-s de violence et sans obligation d’engager une procédure pénale. Les proches des victimes peuvent également recourir à cette prestation. En cas d’urgence, il convient de contacter immédiatement la police au 117.

L’entrée en vigueur de ce numéro court s’inscrit dans une initiative fédérale de longue date. Sa mise en œuvre relève d’une collaboration à l’échelle romande qui permet notamment d’assurer la permanence locale 7j/7 et 24h/24 – par le service cantonal d’aide aux victimes durant les heures de bureau, et par le centre romand basé à Fribourg en dehors de celles-ci.

Dans ce contexte, Mme Florence Nater, Conseillère d’État et Cheffe du Département de l’économie et de la cohésion sociale, a participé à la conférence de presse de présentation du dispositif régional tenue par les Départements de la santé et de l’action sociale romands (NE, FR, VD) le mercredi 29 avril 2026. Le Conseil d’État salue l’entrée en vigueur de cette mesure nationale, qui accompagne l’actuel renforcement du dispositif cantonal de lutte contre les violences domestiques piloté par l’Office de la politique familiale et de l’égalité (OPFE).

Le prochain volet de la campagne nationale « L’Égalité contre la violence », prévu au mois de juin et porté par le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG), intégrera certains éléments de communication relatifs au numéro 142 de manière complémentaire. Pour rappel, cette campagne a pour objectif de sensibiliser la population, en particulier les personnes concernées, aux différentes formes de violence, parfois méconnues, afin de favoriser une prise de conscience précoce et d’encourager le recours à des démarches de soutien avant l’apparition de situations de crise aiguë.

Ressources à disposition des victimes de violence domestique :

La violence de genre

La violence de genre peut prendre différentes formes

  • Violences physiques (gifler, pousser, étrangler, etc.)
  • Violences psychologiques (contrôler, chantage, humilier, etc. )
  • Harcèlement sexuel et/ou moral (mobbing par exemple)
  • Violences économiques (confisquer des documents, contrôler les finances, etc.)
  • Violences domestiques (= les violences dans un couple existant ou rompu ou dans un cadre familial, ce n'est pas le lieu où elles surviennent qui importe)
  • Violences LGBTIQ-phobes (contre une personne lesbienne, bisexuelle, trans, intersexuée ou queer)
  • Harcèlement en ligne (sur les réseaux sociaux par exemple)
  • Inégalités salariales
  • Etc.

La violence domestique

La violence domestique est une des formes que peut prendre la violence de genre. Elle touche toute la société, peu importe l'âge, le genre, l'origine ou le statut socio-économique. Ce n'est pas un problème privé mais bien un phénomène social contre lequel l'Etat de Neuchâtel s'engage.

Les personnes victimes

Quelle que soit la raison invoquée, la violence est inacceptable. 

Vous êtes victime de violence physique si votre partenaire ou votre ex-partenaire

  • vous pousse brutalement
  • vous gifle
  • vous donne des coups de poing ou de pied
  • vous mord
  • vous brûle
  • vous blesse avec un couteau, une arme ou tout autre objet
  • ...

Vous êtes victime de violence sexuelle si votre partenaire ou ex-partenaire

  • vous viole
  • vous contraint à des actes sexuels que vous ne souhaitez pas
  • ...

Vous êtes victime de violence économique si votre partenaire ou ex-partenaire

  • ne contribue pas selon ses ressources aux dépenses du ménage
  • s'approprie votre argent sans votre consentement
  • ...

Vous êtes victime de violence psychologique si votre partenaire ou ex-partenaire

  • vous insulte
  • vous humilie
  • vous menace
  • détruit vos effets personnels
  • vous empêche de sortir
  • vous empêche de voir vos amies, amis ou vos parents
  • vous isole
  • vous harcèle continuellement
  • ...

Les personnes auteures

 Il vous arrive :

  • D'insulter votre (ex-)partenaire
  • De gifler ou de frapper votre (ex-)partenaire
  • De menacer physiquement ou verbalement votre (ex-)partenaire
  • De casser des objets, taper sur la table, contre les murs ou les portes
  • De forcer voter (ex-)partenaire à un acte sexuel non désiré
  • De maltraiter l'animal de compagnie de votre (ex-)partenaire
  • De critiquer sans cesse les gestes ou les pensées de votre (ex-)partenaire
  • D'empêcher votre (ex-)partenaire de sortir ou de contrôler ses relations
  • ...

Les enfants et les personnes adolescentes

Les enfants, les adolescentes et adolescents aussi sont concernés. Comment les protéger ?

Les enfants, adolescentes et adolescents ne sont jamais épargnés par la violence domestique, même lorsqu'ils et elles ne sont pas directement témoins des agressions. Ils et elles ressentent les tensions, vivent dans la peur, et peuvent être profondément affectés.

Leurs réactions varient : troubles du sommeil ou de l'alimentation, difficultés à l'école, énurésie, isolement, agitation, ou comportements à risque à l'adolescence. Beaucoup se sentent coupables ou responsables de ce qu'il se passe à la maison.

Les enfants, adolescentes et adolescents ont besoin de protection, d'écoute et d'un cadre sécurisant. Les adultes (parents, proches, personnel professionnel) ont un rôle essentiel à jouer pour les soutenir.

L'Office de protection de l'enfant (OPE) peut être contacté pour toute question, orientation ou accompagnement.

Pour toi, si tu es une personne concernée 

Quand il y a de la violence à la maison, ça peut faire peur. Même si ce n'est pas contre toi, tu peux te sentir mal, inquiète ou inquiet, en colère ou triste. C'est normal.

Tu n'es pas responsable de ce qui se passe. Et surtout, tu n'as pas à rester seule avec ce que tu vis.

Tu as le droit d'en parler à personne adulte de confiance ou de demander de l'aide. Tu peux aussi contacter l'Office de protection de l'enfant (OPE). C'est un endroit où des personnes sont là pour t'écouter et te protéger. Tu peux aussi trouver de l'aide et de l'écoute sur 147​.ch ou ciao.ch​

Les personnes seniors

La violence domestique touche aussi les personnes seniors ; pourtant, elle demeure souvent invisible, car les stéréotypes liés à l’âge, l’isolement, la dépendance affective ou financière et la difficulté à dénoncer au sein de relations de longue durée rendent ces situations plus difficiles à imaginer, à reconnaître et à révéler. 

Une campagne nationale de sensibilisation à cette thématique a été réalisée en 2023, par l'Institut et Haute Ecole de la Santé La Source, le senior-lab et le Centre de compétence national "Vieillesse sans violence". Voir le flyer 

Retrouvez toutes les informations et contacts sur le site de Vieillesse sans violence

Les professionnelles et professionnels

Les brochures et affiches à commander

L'Office de la politique familiale et de l'égalité (OPFE) vous propose​​​​​ gratuitement du matériel de prévention.  La violence domestique touche des personnes de tout âge, de tout genre et sexe, de toutes origines et de tous statuts socio-économiques. Ce n'est pas un problème privé mais bien un phénomène social contre lequel l'État s'engage. Il est important d'en parler et d'informer la population.

Afin de contribuer à la sensibilisation et l'information sur le sujet dans le canton, l'OPFE a réalisé un certain nombre de document destinés à la population neuchâteloise.

Ce matériel se présente sous forme de petites cartes avec des numéros d'urgences, d'une brochure d'information traduite en dix langues ainsi que d'une affiche, le respectomètre. Les formats ont été pensé pour être disposé dans les présentoirs, sur les tableaux d'affichage ou tout autre support accessible au public.

Vous trouverez, ci-dessous, le contenu des documents ainsi que la fiche de commande. Le tout est distribué gratuitement.

Les demandes sont à transmettre, par courriel, à opfe@ne.ch

Chiffres de la violence domestique

Le canton de Neuchâtel s'engage fermement dans la lutte contre la violence domestique. Suite à l'adoption d'un plan d'action en juin 2022, un système de monitorage a été mis en place pour offrir une vision claire et précise de cette problématique. Ci-dessous, vous trouverez les données collectées auprès de plusieurs institutions actives dans le domaine. Le monitorage est mis à jour annuellement.