Parcours et regard

Quel a été votre parcours professionnel jusqu’à aujourd’hui ?

Je viens du monde de la police scientifique. J’ai débuté ma carrière dans le cadre d’une spécialité neuchâteloise alors très innovante : un poste mixte combinant d’une part, recherche et assistanat et d’autre part, collecte de trace forensiques sur des scènes de crime. Un millier de constats de vols, d’incendies, d’agressions ou de morts suspectes plus tard, je me suis passionné pour la conduite d’équipes. J’ai ainsi repris la tête de la police scientifique neuchâteloise, puis de la police judiciaire et, finalement, du commandement de la police il y a environ trois ans.

Quelles sont les missions principales de votre service ?

La réponse aux événements urgents, l’enregistrement des plaintes dans les sept postes de police de proximité du canton et les investigations qui en découlent constituent nos principales missions. Mais le champ d’action de la police est beaucoup plus large : notre institution réunit plus d’une centaine de fonctions différentes. Le grand public connaît moins certaines d’entre elles, comme l’analyse criminelle, le débriefing psychologique, la gestion des individus menaçants, la protection rapprochée ou encore la formation des aspirantes et aspirants. Pour accomplir ses missions, la police dispose en permanence d’un effectif solide sur le terrain, complété par une quinzaine de spécialistes de piquet rapidement mobilisables.

Quels sont les principaux enjeux ou défis auxquels vous êtes actuellement confronté ?

La police est au service d’une population neuchâteloise composée de milliers de personnes aux attentes et aux sensibilités parfois très différentes. Répondre à leurs besoins impose une recherche constante d’équilibre entre sécurité et respect des libertés individuelles. Maintenir la confiance de la population est un défi quotidien. Cela demande de la mesure et de la proportionnalité, afin que les actions de la police continuent d’être perçues comme légitimes par toutes et tous.

L’autre enjeu qu’il me tient à cœur de relever concerne les compétences des policières et policiers. Parce qu’elle bénéficie d’un haut niveau de confiance, la police est sollicitée pour résoudre un large éventail de problèmes qui exigent des savoir-faire très divers. Maintenir et développer ces compétences, notamment dans les domaines numérique et psychologique, constitue un défi majeur. L’efficacité de la police est elle aussi une condition essentielle de la confiance.

Qu’est-ce qui rend votre service particulièrement important pour la population neuchâteloise ?

En composant trois chiffres sur un téléphone, chacune et chacun peut accéder, 24 heures sur 24, à un service prêt à porter secours aux personnes dans le besoin. Au-delà de l’urgence, la police contribue également au maintien de la paix sociale et au sentiment de sécurité des neuchâteloises et neuchâtelois.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret d’une action menée par votre service ?

Le groupe d’éducation et de prévention routière dispose d’une petite scène et de marionnettes pour captiver les plus jeunes et leur apprendre les bons réflexes sur la route. Le temps d’une représentation, les policières et policiers deviennent marionnettistes. Ces moments sont touchants, et les yeux rieurs des enfants en disent long sur la force du message.

Que diriez-vous à une personne qui envisagerait de rejoindre votre service ou l’État de Neuchâtel ?

De se lancer ! C’est passionnant de prendre part à l’aventure neuchâteloise, au sein d’une administration efficace, humaine et pragmatique.

Quel lieu appréciez-vous particulièrement dans le canton ?

La place du Marché, à Neuchâtel, le samedi matin.