À l’issue d’un concours, trois artistes neuchâtelois-e-s ont été sélectionné-e-s pour résider dans l’atelier du Canton à Paris. Roxane Christinet, Marie-Dominique Delefortrie et Jon Merz se sont vu attribuer une bourse visant à encourager la recherche et la création artistique dans le milieu culturel neuchâtelois. 

La Cité internationale des arts accueille à Paris des artistes professionnel-le-s venu-e-s du monde entier. Depuis son ouverture en 1965, elle a hébergé plus de 15’000 artistes dans les 291 ateliers-appartements situés dans le quartier du Marais. Près de 90 artistes neuchâtelois-e-s y ont résidé. Une résidence à la Cité des arts leur offre la possibilité de développer leur pratique artistique ainsi que de l’enrichir par de nombreux contacts et échanges avec d’autres artistes.

Trois projets artistiques à Paris

Le premier artiste à déposer ses valises à Paris sera Jon Merz. Du 1er juillet au 30 décembre 2026, il partira sur les traces de l’école de Barbizon et des peintres impressionnistes. Formé à la Haute École des Arts de Berne puis à l’Académie des Beaux-Arts de Hambourg, le peintre présente son travail en Suisse et à l’étranger depuis plus de dix ans. Il aura pour projet de créer une série d’œuvres reprenant des thèmes comme la place de l’homme dans la nature, le désir et la mémoire.

L’atelier sera ensuite occupé par Roxane Christinet, du 1er janvier au 30 juin 2027. Artiste pluridisciplinaire, elle explore des questions de pouvoir et de domination à travers des gestes précis et incisifs. Cette recherche se manifeste notamment dans son travail sur la tapisserie ainsi que dans ses installations sonores. Durant la résidence, elle investira l’espace pour produire des pièces textiles, tout en développant un nouveau projet sonore en lien avec des artistes de la scène noise parisienne.

Enfin, la dernière résidence a été attribuée à Marie-Dominique Delefortrie. Elle occupera l’atelier du 1er juillet au 31 décembre 2027. À travers l’exercice de la peinture, la démarche de l’artiste s’inscrit dans la notion de « dérive urbaine » décrite par Guy Debord. Cette approche propose de parcourir la ville sans itinéraire précis, en invitant à une exploration sensible et active des espaces urbains, une sorte « d’errance consciente ». Au fil de ses déambulations, l’artiste s’intéressera aux objets abandonnés ou déplacés dans des contextes inattendus. Ces éléments deviendront les traces silencieuses d’histoires anonymes, suscitant une lecture poétique et imaginaire de ces récits possibles.

Chacun-e des futurs résident-e-s bénéficiera de l’atelier-résidence durant 6 mois, d’une bourse de 12'000 francs ainsi que d’un montant forfaitaire de 2'000 francs pour les déplacements. En ouvrant de nouveaux horizons aux artistes neuchâtelois-e-s, la mise à disposition de cet atelier favorise non seulement la diffusion de la créativité neuchâteloise à l’étranger, mais également le rayonnement culturel du canton de Neuchâtel.