Le Canton de Neuchâtel se dote d’un nouveau plan d’action cantonal de lutte contre les violences domestiques pour la période 2027-2031. Prévention, protection des enfants et des familles, accompagnement des victimes et suivi des auteur-es : le plan s’articule autour de quatre axes. Il prévoit un renforcement des prestations existantes et la mise en place de nouvelles mesures, démontrant la volonté du Conseil d’État de renforcer l’action publique dans la lutte contre les violences domestiques.
Les violences domestiques recouvrent les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique commis au sein de la famille, du foyer, entre partenaires ancien-nes ou actuel-les. Le Canton de Neuchâtel n’est pas épargné par le phénomène, comme l’attestent les données issues du dernier monitorage cantonal. En 2025, la Police neuchâteloise a enregistré 678 infractions de violence domestique, dont un triple assassinat. Durant la même année, 907 victimes ont bénéficié de consultations auprès du Service d'aide aux victimes (SAVI), et 81 constats liés à des situations de violence domestique ont été établis par le Centre neuchâtelois de médecine des violences (CNMV) du RHNe.
Face à cette réalité et à ses conséquences humaines, sociales, sécuritaires, sanitaires et économiques de cette violence, le Conseil d’État a fait de la lutte contre les violences domestiques une priorité de son action, inscrite dans son programme de législature 2026-2029.
Un deuxième plan d’action cantonal
Adopté en 2022, le premier plan d’action cantonal de prévention et de lutte contre la violence domestique, élaboré par l’office de la politique familiale et de l’égalité (OPFE), a permis de développer des prestations spécialisées destinées aux victimes et aux professionnel-les en contact avec celles-ci. Il a notamment conduit à l’ouverture du CNMV, à la formation du personnel des pharmacies et au renforcement de la coordination via la création d’un comité de pilotage réunissant deux conseillères d’État, les autorités judiciaires et les chef-fe-s de services.
La mise en œuvre de ce plan a révélé des besoins encore insuffisamment couverts, notamment en matière de prise en charge des enfants exposés aux violences et des familles confrontées à des situations de violence et du suivi des auteur-es.
Sur cette base, le Conseil d’État propose un deuxième plan cantonal pour la période 2027-2031, articulé autour de quatre axes prioritaires :
- Renforcer la prévention et le dépistage
La prévention constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire durablement les violences domestiques. Les actions de sensibilisation destinées aux jeunes seront systématisées, notamment via le jeu informatique pédagogique Alternatives. La prévention du grand public sera accrue par le relais des campagnes nationales et une communication régulière autour du numéro 142, la ligne téléphonique dédiée à la problématique de la violence domestique. La formation des professionnel-les en contact avec des personnes potentiellement concernées sera renforcée pour favoriser une détection précoce des situations à risque.
- Développer la protection des enfants et des familles
Les enfants exposés aux violences domestiques sont des victimes à part entière, même lorsqu’ils ne sont pas directement visés. Le nouveau plan vise à renforcer les possibilités de prise en charge des victimes et des auteur-es dans un contexte familial, notamment lors de séparations conflictuelles. Les interventions précoces visent également à interrompre les mécanismes de transmissions intergénérationnelle des violences. L’objectif est de constituer un espace de consultation solide pour les couples et les familles.
- Élargir les modalités d'accompagnement des victimes
Le Conseil d’État réaffirme le rôle essentiel des structures d’aide existantes et entend renforcer les prestations offertes. Face à la hausse régulière du nombre de dossiers de violences domestiques, il s’agit en particulier de garantir le bon fonctionnement du SAVI, pièce maîtresse du dispositif, tant pour l’hébergement d’urgence que pour les consultations ambulatoires et la répondance au numéro 142. Le financement du CNMV, tant pour l’accompagnement des victimes et que pour la constatation des violences, doit par ailleurs être assuré.
- Intensifier le suivi des auteur-es de violence domestique
La prévention des récidives et la protection des victimes passent aussi par un suivi renforcé des auteur-es de violence domestique. La brigade Menaces et prévention de la violence (MPV) de la Police neuchâteloise verra ses capacités renforcées, notamment au travers d’une révision de la loi sur la police. Le plan d’action prévoit la mise en place progressive d’un dispositif cantonal de surveillance et protection actives, comprenant notamment le recours au bracelet électronique actif pour prévenir le passage à l’acte violent. De plus, la participation à trois séances de suivi socio-thérapeutique sera rendue obligatoire pour les auteur-es faisant en particulier l’objet d’une mesure d’éloignement prononcée par la police.
La prévention, la formation, les prestations sanitaires et sociales, ainsi que les mesures de sécurité et de répression : ces quatre axes soulignent la transversalité des réponses à apporter à cette problématique et démontrent la détermination du Conseil d’État à renforcer l’action publique dans la lutte contre les violences domestiques.
Téléchargement
Cette action s'inscrit dans l'axe VIVRE du programme de législature 2026-2029 du Conseil d'État.