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À l’occasion de leur rapport annuel, les autorités judiciaires neuchâteloises rappellent leur rôle central dans la garantie de l’État de droit, tout en alertant sur la pression croissante qui perdure, voire s’intensifie, dans le temps, en lien tant avec l’augmentation et la complexification des affaires qu’avec les évolutions sociétales. En 2025, les causes nouvellement enregistrées ont atteint un niveau record, entraînant une hausse des dossiers en suspens. L’essor de l’intelligence artificielle et les chantiers de modernisation de la justice en cours constituent des défis supplémentaires. Dans ce contexte, l’augmentation des effectifs en juge, qui se concrétisera à partir de cet été, s’avère indispensable et est donc à saluer.

 

Les autorités judiciaires neuchâteloises rappellent, à l’occasion de la remise du rapport de leurs activités en 2025, le rôle essentiel qu’elles jouent dans la garantie de l’État de droit, la préservation de la paix juridique et sociale, ainsi que dans le bon fonctionnement de la démocratie. L’exercice de leurs missions suppose des ressources adaptées, permettant non seulement de traiter les causes soumises avec célérité, mais également d’assurer une justice humaine, de qualité, rendue avec le recul et la sérénité nécessaires.

Dans un contexte marqué par une augmentation constante de la charge de travail, la situation demeure préoccupante. En 2025, le nombre d’affaires entrantes a atteint le niveau inédit de 20’311, équivalant à une augmentation de +2,9% par rapport à l’exercice précédent, tandis que le volume des dossiers en suspens a progressé, lui aussi, de manière significative (+8,6%). Cette évolution s’inscrit dans une tendance durable de judiciarisation accrue de la société et de complexification du contentieux, liée notamment aux modifications législatives et aux développements jurisprudentiels. Malgré les efforts consentis et la pression croissante sur l’ensemble de l’appareil judiciaire, les délais de traitement se voient impactés.

La décision d’augmenter, pour la première fois depuis 2011, les effectifs de juges dès 2026 ne peut, partant, qu’être saluée. Elle permet de corriger partiellement un déficit structurel de ressources, accumulé au fil des années. Pour rappel, les mesures prises entre 2022 et 2025 pour renforcer les effectifs en personnel judiciaire ont principalement visé à rétablir des équilibres indispensables au bon fonctionnement des juridictions, sans toutefois répondre, à tout le moins pleinement, à l’augmentation continue du contentieux et des besoins.

Le pouvoir judiciaire ne cesse par ailleurs d’être confronté à des défis nouveaux, au premier rang desquels figure le développement de l’intelligence artificielle (IA). Si celle-ci ouvre des perspectives d’évolution, elle soulève également de nombreuses questions et comporte des enjeux importants en termes de qualité de la justice et de garantie de son indispensable dimension humaine. L’usage croissant des outils d’IA par les justiciables et les professionnels du droit entraîne en outre des effets concrets sur la charge de travail, en raison notamment de la multiplication des griefs invoqués, ainsi que, parfois, du manque de pertinence, voire du caractère confus, des écritures produites. Une réflexion approfondie sur l’intégration et l’encadrement de ces technologies s’impose à l’échelle du système judiciaire suisse.

En parallèle de ces défis, plusieurs projets ont connu des avancées significatives, en particulier dans le domaine de la transition numérique avec le programme eProcédures, incluant les initiatives fédérales telles que Justitia 4.0. La réforme en cours du cadre légal de l’ordre judiciaire neuchâtelois, avec l’élaboration de la nouvelle Loi sur la justice, ainsi que des projets liés aux infrastructures logistiques et à l’accessibilité de l’information par tout un chacun, participent également à la modernisation de l’institution et au renforcement de son efficacité. Ces changements, indispensables, mobilisent toutefois des ressources importantes, d’ores et déjà fortement impactées par l’accroissement de l’activité judiciaire.

Dans ce contexte exigeant, les autorités judiciaires neuchâteloises tiennent à souligner l’engagement constant de l’ensemble du personnel et des magistrates et magistrats, qui accomplissent leurs missions avec rigueur et détermination. En définitive, le pouvoir judiciaire se trouve à un moment charnière de son évolution. La capacité de la justice à répondre aux attentes de la société, tout en veillant à son indépendance et à la qualité de ses décisions, dépendra des moyens qui lui seront accordés et de la poursuite des efforts engagés en matière de modernisation et d’adaptation.

Contact :

Secrétariat général des autorités judiciaires, Secretariat.PJNE@ne.ch, 032 889 61 44

Neuchâtel, le 28 avril 2026