Archéologie préventive
Étroitement liée aux projets d'aménagement et d’infrastructure, l’archéologie dite « préventive » a pour objectif de concilier la sauvegarde du patrimoine archéologique et le développement territorial.
L’examen préalable des demandes de permis de construire (SATAC) et des informations issues de la carte archéologique permet d'évaluer le risque archéologique et de décider des mesures à mettre en œuvre pour la sauvegarde des vestiges menacés par de nouvelles constructions,.
En amont des chantiers de génie civil, les archéologues interviennent sur le terrain afin de réaliser des diagnostics, le plus souvent sous la forme de tranchées à la pelle hydraulique, qui peuvent aboutir à la mise en œuvre d'une fouille archéologique extensive.
La carte archéologique : un recensement systématique des découvertes
La carte archéologique est l'inventaire systématique des observations et des découvertes archéologiques réalisées dans le canton de Neuchâtel. Les données, ainsi collectées, viennent enrichir les connaissances sur l'occupation et l'exploitation du territoire au fil du temps, tout en permettant d'identifier des sites et des témoins archéologiques à protéger.
Ce recensement permet de gérer le risque archéologique dans les différentes procédures existantes en matière d'aménagement du territoire. Actuellement, 270 périmètres archéologiques sont définis ; ils sont visibles sur le Géoportail cantonal et reportés sur les plans communaux d'affectation des zones.
Des crêtes au lac de Neuchâtel : la prospection du territoire
Complémentaire de l’archéologie préventive, la prospection englobe des méthodes d'investigation non invasives, visant à repérer la présence de vestiges archéologiques perceptibles en surface, dans le sous-sol ou sous les eaux.
Parmi les multiples méthodes de prospection existantes, celle qui recourt à l’utilisation d’un détecteur de métaux peut occasionner des dégâts irréversibles sur le patrimoine archéologique et les sources d'informations qui lui sont liées. Par conséquent, cette pratique est strictement interdite (LSPC, art. 24) dans le canton de Neuchâtel, tant sur le domaine public que les terrains privés.
Archéologie des grottes et des abris-sous-roche
Ces cavités sont réparties sur l'ensemble du territoire cantonal. Leur étude permet de découvrir les vestiges d'occupation humaines et animales très anciennes et de procéder à la reconstitution précise des évènements climatiques et des environnements passés
Des grottes comme celles de Cotencher (Rochefort) et des Plaints (Couvet) ont livré des vestiges rapportables à des groupes de Néandertaliens qui fréquentaient les terres neuchâteloises il y a plusieurs dizaines de millénaires. Elles sont mises en valeur au sein de programmes pluridisciplinaires et interinstitutionnels qui intègrent de multiples aspects : archéologie, sédimentologie, géologie, climatologie, faune cavernicole, datations, etc.
Archéologie lacustre
Le milieu lacustre renferme un riche patrimoine archéologique, à l'état de conservation souvent exceptionnel mais fragile, dont les sites palafittiques classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO.
Un monitoring des fonds lacustres est assuré par l'office de l'archéologie cantonale. Tout en combinant prospections aériennes et opérations subaquatiques, l’objectif est de contrôler l'évolution de l'érosion, d'assurer le suivi sanitaire, documentaire et scientifique du patrimoine immergé et de mettre en œuvre les mesures nécessaires et adaptées à sa sauvegarde.
Sciences de la terre et dendrochronologie
Issues d’une longue tradition de recherches interdisciplinaires développées lors des grands travaux autoroutiers, deux disciplines spécifiques participent aujourd’hui pleinement aux enjeux et questionnements de l’archéologie neuchâteloise :
Les sciences de la Terre en archéologie – ou géoarchéologie - ont comme principe de « faire parler les sols », à partir de l’étude des sédiments et des sols investis lors des opérations de terrain. Cette approche vise à la reconstitution des paysages et milieux naturels anciens et à la compréhension des interactions entre les activités humaines et leur environnement au fil du temps.
La dendrochronologie est une méthode de datation basée sur l'étude des cernes de croissance des arbres et qui est précise à l’année près. Le laboratoire de dendrochronologie de Neuchâtel réalise la datation des vestiges en bois issus de fouilles archéologiques, principalement lacustres et sur l'archéologie du bâti, détermine les des essences d’arbres et analyse les traces de travail et de façonnage des pièces ligneuses.
Ressources et publications
Les résultats des recherches archéologiques sont essentiellement diffusés par le biais de publications dans des monographies, des revues scientifiques spécialisées et des ouvrages de vulgarisation. La série Archéologie neuchâteloise est en charge de l'édition des travaux archéologiques majeurs du canton. Dans le cadre d'un partenariat avec les Éditions Alphil (Neuchâtel), les nouvelles publications sont accessibles en ligne, avec possibilité d'impression à la demande.
Projets et recherches de l'archéologie cantonale
- Valorisation du patrimoine archéologique karstique
Que faire en cas de découverte archéologique ?
En promenade, lors d'un chantier ou de travaux agricoles, il peut arriver que des particuliers découvrent par hasard des objets anciens ou des vestiges archéologiques.
Avoir les bons gestes en trois étapes :
- Protéger les objets, les vestiges, et les laisser si possible sur place (ou les prélever soigneusement en cas d'urgence)
- Documenter la découverte (date, heure, coordonnées exactes, photos de l'objet, des vestiges et du lieu de découverte)
- Signaler la découverte au plus vite à l'office de l'archéologie cantonale (oarc@ne.ch)