Même si plusieurs économies montrent des signes encourageants après une période prolongée de ralentissement, l’environnement international reste marqué par une croissance modérée. Selon le Fonds monétaire international (FMI), elle devrait atteindre 3,0% en 2026. Les perspectives sont tributaires des tensions géopolitiques et de la volatilité des prix de l’énergie, avec toujours des incertitudes autour des politiques commerciales. Toutefois, l’organisation internationale s’attend à ce que la progression modérée prévue pour cette année soit contrebalancée par une accélération de la croissance (3,4%) en 2027.
Les pays qui bénéficient d’investissements liés aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, ou qui profitent de la hausse des prix de l’énergie s’en sortent mieux que les économies dépendantes des importations d’énergie ou plus vulnérables à l’instabilité internationale. En juillet, la désinflation mondiale a marqué une pause après avoir nettement reculé depuis 2024.
L’actualité peu rassurante depuis le début de l’année a toutefois impacté dans une moindre mesure la croissance helvétique. Selon le baromètre conjoncturel du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’EPF de Zurich, les perspectives économiques se sont améliorées en juillet et le PIB a progressé à 0,4% au premier trimestre, après une série de trimestres précédents faibles (+0,2% à fin 2025).
L’activité économique a été portée par un redressement de l’industrie manufacturière selon les tendances publiées par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) au début de l’été. Le secteur de la pharmaceutique peut également y avoir contribué sur le plan national. La consommation des ménages et la demande intérieure évoluent toutefois plus modestement, ce qui limite la dynamique de croissance.
Sur le plan national, l’inflation a légèrement reculé à 0,4% en juillet (contre 0,5% en juin et 0,6% en mai). Cette contraction indique que la Banque nationale suisse (BNS) dispose de peu de raisons de relever son taux directeur, fixé à 0%. Le franc reste fort mais échappe, à ce stade, à une nouvelle appréciation.
Le KOF souligne toutefois le risque qui subsiste : si les tensions géopolitiques devaient s’aggraver et faire grimper durablement les prix du pétrole, la croissance suisse pourrait être plus faible qu’estimée. A l’inverse, un apaisement de la situation internationale serait propice à une reprise des investissements, des exportations et des échanges internationaux.
Pour une économie ouverte comme celle de la Suisse, et particulièrement pour un canton comme Neuchâtel fortement orienté vers les exportations, ces évolutions doivent être examinées avec vigilance. L’annonce des droits de douane américains passant de 10% à 12,5% pour les marchandises suisses dès le 24 juillet constitue un facteur supplémentaire de pression pour les entreprises exportatrices suisses. Les chiffres communiqués par la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) pour la première partie de l’année montrent toutefois que les exportations de ce secteur ont bien résisté avec une baisse de 0,7% par rapport à la même période l’année précédente.