Aller au contenu principal Aller aux réglages des cookies

Une gestion à plusieurs niveaux

La planification forestière, ou aménagement forestier, sert à garantir le développement durable des forêts en définissant des objectifs et des outils de gestion adaptés. Garantir les fonctions des forêts dans le temps se fait à plusieurs niveaux, en partant des bases légales jusqu'aux propriétaires et entrepreneurs forestiers qui effectuent les interventions sylvicoles. Le plan d'aménagement forestier (PAF) établit les principes directeurs de gestion, et les plans de gestion forestiers des propriétaires définissent les objectifs et la mise en œuvre au niveau local.

Les ressources forestières ne sont pas inépuisables et il est essentiel d'avoir une vision d'ensemble pour garantir une exploitation ne dépassant pas la production forestière, ainsi que le maintien des fonctions forestières telles que la protection contre les dangers naturels ou les services écosystémiques. Le plan d'aménagement forestier est un instrument de planification spécifique à l'aire forestière plus ou moins complémentaire au plan directeur cantonal. Il définit les zones prioritaires et les objectifs forestiers, ainsi que les méthodes de mise en œuvre et de suivi pour le contrôle de la réalisation des objectifs.

Schéma résumant les différents niveaux de la gestion forestière : bases légales, plan d'aménagement forestier, plan de gestion forestier, plan annuel des travaux.

Extrait des principes sylviculturaux 2025 : Vue d’ensemble des documents et actes essentiels de la gestion forestière.

Plan d'aménagement des forêts (PAF)

Le plan d'aménagement forestier est l'un des plans directeurs sectoriels accompagnant le plan directeur cantonal. Il est actuellement en cours d'élaboration, mais les chapitres les plus importants, comme les principes sylviculturaux, sont d'ores et déjà disponibles. À terme, il comprendra les chapitres suivants (Art. 23, RELCFo) :

  1. État de l'aire et de la propriété forestières
  2. Vocation des sites forestiers
  3. Documentation scientifique de base
  4. Contraintes résultant d'autres législations (protection de l'environnement, protection de la nature, protection de la faune et aménagement du territoire)
  5. Principes sylviculturaux
  6. Concept visant à la réalisation de l'équilibre sylvo-cynégétique
  7. Concept des réserves forestières
  8. Concept de la desserte
  9. Chronique

Données complémentaires et spatialisées

Le plan d'aménagement du canton de Neuchâtel contient en outre les informations complémentaires suivantes (Art. 23, RELCFo), dont une partie est disponible sous forme de carte via le Géoportail du SITN :

CartesÉtat actuel
Aire forestière
Propriété forestièreDisponible sur le Géoportail
Fonction protectriceDisponible sur le Géoportail
Fonction économiqueDisponible sur le Géoportail
Fonction socialeDisponible sur le Géoportail
Fonction de protection de la biodiversitéDisponible sur le Géoportail
PhytosociologieDisponible sur le Géoportail
Essences et changement climatiqueDisponible sur le Géoportail
Forêt-fauneDisponible sur le Géoportail
DesserteDisponible sur le Géoportail

Une gestion aux multiples objectifs

Dans le canton de Neuchâtel, les forestiers pratiquent une sylviculture proche de la nature. Cette gestion permet de répondre aux attentes multiples et changeantes de la société envers la forêt :

  • faire croitre des peuplements robustes et résilients, qui assurent une protection durable, en exploitant uniquement l’accroissement de la forêt et en assurant l’avenir de la forêt en favorisant les arbres les plus prometteurs;
  • créer une ambiance forestière conviviale, propice au bien-être des promeneurs et autres utilisateurs de la forêt;
  • façonner des structures variées offrant habitat et refuge à la faune et à la flore sauvages, garantes d'une biodiversité élevée et de paysages harmonieux.
  • Conserver la dynamique naturelle des forêts et favoriser la biodiversité en mettant certaines forêts en réserve.

La gestion sylvicole telle qu'elle est pratiquée dans le canton est parfaitement compatible avec les critères de gestion durable les plus stricts en vigueur. Preuve en est, en 2024 la statistique forestière nationale relevait que plus de 50% des massifs forestiers situées dans le canton de Neuchâtel étaient certifiés FSC et PEFC au travers de ForêtNeuchâtel. Pour comparaison, au niveau mondial, seuls 10% des forêts sont au bénéfice d'une certification. La moyenne suisse se situe également aux alentours de 50%.

La sylviculture à Neuchâtel

La sylviculture applique des techniques fondées sur des bases scientifiques biologiques afin d'orienter le développement naturel des forêts et de guider leur évolution dans la direction souhaitée, au bon moment et de façon rationnelle, et finalement d'en conserver les forces productives naturelles et leur multifonctionnalité. Elle est, avec l'agriculture, un des seuls domaines de la production primaire qui fournisse des biens renouvelables et des services généraux à la société (d'après J.-C. Schütz, 1990).

Dans le canton de Neuchâtel, trois opérations sylviculturales clés permettent d'arriver à ce résultat : le martelage, la coupe, et les soins à la jeune forêt.

Le martelage

Le martelage est l’opération par laquelle le sylviculteur désigne et marque les arbres destinés à être coupés. Cette désignation doit être accomplie avec une attention soutenue, dans le respect des lois et des rythmes naturels de l'écosystème forestier.

Avant de l'entreprendre, il est important de connaître très clairement les buts recherchés : dégagement de la recrue, sélection, différenciation, récolte, intervention sanitaire et de sécurité, ou bien tout cela à la fois. Dans ce dernier cas, c’est ce qu’on appelle une forêt jardinée et les forêts de Couvet ont été les premières dans le canton à être gérées selon ce principe.

Lorsque la forêt dispose d’un plan de gestion, chaque division est visitée par la coupe dans un ordre qui est prévu puis consigné dans le plan annuel des travaux.

En forêt publique, le martelage est animé par l'ingénieur forestier d'arrondissement, en étroite collaboration avec le forestier de cantonnement. Le directeur ou la directrice des forêts représente le propriétaire.
En forêt privée, le forestier de cantonnement, le propriétaire et/ou son représentant (gestionnaire, bureau privé,…) sont présents lors du martelage.
De la synergie et du dialogue au sein de cette équipe dépend la qualité du geste sylvicultural. Chacun apporte son concours et ses observations complémentaires en vue de soutenir les nombreuses décisions qui engagent souvent le moyen et long terme de notre cadre de vie.   

Les coupes de bois

Sans récolte régulière de bois, les fondements de la multifonctionnalité forestière ne sont pas garantis. Les coupes normales représentent l'outil principal qui permet aux propriétaires et aux sylviculteurs de façonner des forêts utiles à la société. Les interventions régulières, diffuses et décentralisées, visant à récolter l'accroissement ligneux en respectant le milieu naturel, amènent toute une gamme de prestations et de produits et maintiennent conjointement la vitalité et la diversité de nos forêts.

Dans les forêts publiques de notre canton, chaque division forestière est, en principe, visitée une fois par décennie par la coupe principale. Annuellement, cette récolte diffuse s'opère sur 250 à 300 chantiers différents.

Les soins à la jeune forêt

Le but premier des soins à la jeune forêt est de concentrer l’énergie et les ressources de la nature sur les tiges les plus prometteuses et de les éduquer en utilisant l'effet bénéfique des accompagnants.

Un autre but important des soins à la jeune forêt est de créer des peuplements diversifiés, hétérogènes, mélangés, riches en structures et en micro-contextes.

Les tiges d’avenir sont désignées par la technique du ruban, c’est pourquoi vous pouvez voir de temps à autre des arbres autour desquels des rubans colorés biodégradables sont noués.