Aller au contenu principal Aller aux réglages des cookies

Périmètre d'application

La Loi sur l'archivage s'applique aux communes (autorités, administration, commissions), mais concerne également, sous la responsabilité de leur commune-siège :

  • Les « institutions paracommunales », c'est-à-dire : les établissements et corporations de droit public communaux, leurs administrations ainsi que les commissions qui en dépendent ;
  • les personnes privées, lorsqu'elles accomplissent une tâche de droit public sur délégation d'une autorité communale ;
  • Les groupements d'autorités.

Cela concerne par exemple les syndicats intercommunaux, les cercles scolaires, les guichets sociaux régionaux, ou encore les hôpitaux avant leur cantonalisation en 2006.

Qui fait quoi?

L'office des archives de l'État se tient à disposition des communes pour les conseiller et les soutenir en matière d'archivage. Il constitue l'autorité de surveillance.

Le Conseil communal est responsable du processus d'archivage dans son ensemble. Il est en particulier responsable de la détermination du sort final. Il peut néanmoins mutualiser la conservation et la gestion des archives définitives avec d'autres communes ou déléguer ces tâches à un tiers spécialisé.

La personne préposée à la gestion des documents est répondante pour la rédaction et la tenue à jour du plan d'archivage, ainsi que pour l'organisation des versements et des éliminations ; le Conseil communal peut déléguer cette compétence à un tiers spécialisé.

Il est recommandé que les communes de moyenne ou grande taille se dotent d'un service communal d'archives.​​

Formations archivage

La formation Archivage et gestion documentaire s'adresse en premier lieux aux personnes préposées à la gestion des documents au sein de l'administration cantonale, mais est également ouverte aux communes.

Les prochaines sessions de formation auront lieu :​

  • le lundi 16 mars 2026​ de 9h à 12h et de 13h30 à 15h30
  • le lundi 14 septembre 2026 de 9h à 12h et de 13h30 à 15h30​

La formation portera sur :

  • les règles d'archivage
  • le plan d'archivage
  • la préparation des éliminations et des versements
  • les conséquences du déménagement d'un service sur son archivage
  • une visite des Archives de l'État

L'inscription se fait via la plateforme de formation continue de l'État de Neuchâtel. La formation est gratuite.

L'archivage: principes généraux

Législation

La Loi sur l'archivage et son règlement d'exécution constituent la législation de base en matière d'archivage ; ils prescrivent la manière dont l'archivage doit se dérouler. En particulier, on y trouvera les définitions les plus importantes, les responsabilités de chacun et les étapes principales de l'archivage.

La Convention sur la protection des données et la transparence s'applique à tous les dossiers tant qu'ils sont conservés dans les services administratifs, jusqu'au moment de leur proposition.

Les registres et documents d'état civil sont régis par une législation fédérale propre.

Les étapes essentielles de l'archivage

Voici les principales étapes de l'archivage, quel que soit le support (papier ou numérique) :

  1. Conception d'un plan d'archivage. Il est l'outil par lequel commence tout processus d'archivage bien pensé : il indique notamment un cadre de classement des dossiers, leur durée de conservation, leur sort final (versement aux archives ou élimination).
  2. Gestion documentaire. Les communes doivent gérer et conserver leurs documents de manière ordonnée, sûre et selon le plan d'archivage.
  3. Proposition. Lorsque les dossiers sont arrivés à échéance, ils doivent être soit versés aux archives, soit éliminés, en fonction de ce que prévoit le plan d'archivage.
  4. Conservation et utilisation. Les archives doivent être conservées dans de bonnes conditions et mises à disposition des chercheuses et chercheurs, services ou particuliers qui en font la demande, selon la législation en vigueur.

L'unité de base est le dossier, non le document.

Archivage numérique

Les principes sont identiques quel que soit le support, papier ou numérique. Les Archives de l'État édictent des directives et recommandations à suivre afin que le processus se déroule au mieux, notamment dans le cas de l'utilisation d'un système de gestion des affaires électronique.

L'office des archives de l'État déploie actuellement son concept d'archivage numérique en partenariat avec les services informatiques actifs dans les communes. Pour en apprendre plus, rendez-vous sur la page dédiée.

Petit lexique

Archives : ensemble de documents qui ont une valeur juridique ou historique et qui sont conservés indéfiniment.

Documents corbeille : document n'ayant pas d'utilité administrative ou légale :

  • documents reçus pour information (publications non éditées par la commune, circulaires reçues pour information, publicité, …) ;
  • documents de travail dont la version finale est disponible (brouillons, notes, …) ;
  • documents d'accompagnement inutiles à la compréhension d'un dossier (lettre d'accompagnement, formulaire vierge, …) ;
  • documents en plusieurs exemplaires (n'en conserver qu'un seul).

Dossiers d'activité : regroupement organisé de documents concernant une même affaire ou procédant de la même activité ou opération, qui ne sont pas arrivés à l'échéance de leur utilité légale ou administrative.

Durée d'utilité : durée pendant laquelle une administration conserve un dossier, pour des raisons légales (par exemple 10 ans pour les pièces comptables) ou administratives (c'est-à-dire pratiques, en fonction des besoins du service), avant de le proposer au Conseil communal pour versement aux archives définitives ou pour élimination.

Plan d'archivage : cadre de classement des dossiers (arborescence) accompagné notamment des durées d'utilité et du sort final (versement aux archives ou élimination).

Proposition : obligation de proposer au Conseil communal les dossiers arrivés à échéance de leur durée d'utilité, dans le but de les verser aux Archives communales ou de les éliminer.

Sort final : détermination de la destination finale des dossiers à l'échéance de leur durée d'utilité : versement aux archives, échantillonnage ou élimination.

Le plan d'archivage

Le plan d’archivage donne un cadre de classement aux dossiers, prescrit les différentes durées d’utilité et indique quel sera le sort final des dossiers (versement aux archives, échantillonnage ou élimination).

Il doit refléter les prestations de la commune ainsi que sa production documentaire. Tout dossier d’activité doit y trouver sa place, qui dictera notamment sa durée d’utilité et son sort final.

Le plan d’archivage est le préalable nécessaire à tout processus d’archivage bien mené, notamment avant la mise en place d'un nouveau système documentaire (GED, logiciels métier ou autre). Il doit être conçu dans le logiciel ArchiClass, qui est mis gratuitement à disposition des communes par l’État.

Chaque commune est tenue de se doter d'un plan d'archivage (éventuellement de plusieurs plans d'archivage, si la structure de son administration l'exige, par exemple avec un plan par service). Lorsqu'une commune désire ouvrir un nouveau plan d'archivage, elle doit:

  • désigner un-e répondant-e pour la gestion du plan d'archivage (disposant des accès standards aux infrastructures du SIEN) ;
  • demander le déploiement d'ArchiClass et la création du répertoire désiré, via le formulaire de demande de droits d'accès aux applications gérées par le SIEN ;
  • s'assurer que les droits d'accès en lecture/écriture ont bien été obtenus sur le répertoire créé ;
  • y déposer le fichier .archi préalablement créé par le répondant ou l'archiviste, ou y créer directement un .archi vide.

Proposition de versement et d'élimination

Lorsqu'un service administratif possède des dossiers qui sont arrivés à échéance de leur durée d'utilité, il doit les proposer au Conseil communal. Le plan d'archivage indique quels sont les dossiers à proposer pour un versement ou pour une élimination ; à défaut, le Conseil communal doit se déterminer, après s'être concerté avec l'office des archives de l'État.

La proposition se fait au moyen d'un bordereau de versement ou d'élimination transmis au Conseil communal. Cas échéant, le Conseil communal peut demander à ce que certains dossiers proposés à l'élimination soient versés et inversement.

 

Versement

Le versement est le transfert physique et juridique des dossiers d'un service administratif aux archives communales. En voici les principales étapes :

  1. Placer les dossiers à verser dans des boîtes en carton non acide (y compris le contenu des classeurs ; ôter, autant que faire se peut, les éléments de plastiques ou de métal : fourres, agrafes etc.).
  2. Numéroter les boîtes de 1 à n.
  3. Établir le bordereau de versement en y décrivant sommairement le contenu des boîtes et en indiquant les dates extrêmes ainsi que la référence au plan d'archivage.
  4. Transmettre le bordereau signé au Conseil communal.
  5. Apporter les dossiers aux Archives communales.

À réception, les Archives communales doivent enregistrer le versement dans le journal des entrées puis faire signer le bordereau au Conseil communal. Le bordereau original retourne dans le service administratif et une copie est conservée par les Archives communales.

 

Élimination

L'élimination consiste en la destruction des dossiers de manière définitive. Voici les principales étapes à respecter :

  1. Établir le bordereau d'élimination en décrivant sommairement les dossiers ou groupes de dossiers à détruire, et en indiquant les dates extrêmes ainsi que la quantité concernée (en nombre de boîtes, de classeurs ou en mètres-linéaires).
  2. Transmettre le bordereau signé au Conseil communal.
  3. Attendre le retour du bordereau, signé par le Conseil communal (dont les Archives communales conservent une copie).
  4. Procéder à l'élimination – dans le respect de la protection des données – dans les trente jours suivant l'autorisation du Conseil communal.

Archives définitives (historiques)

Conservation

Les communes doivent disposer d'un local de conservation de leurs archives définitives (ou historiques) qui offre des conditions suffisantes en terme de :

  • sécurité et accès (gestion des clefs, protection contre le vol et contre les dégâts d'eau, détecteur d'incendie, …)
  • climat (température maintenue entre 16 et 22°C, humidité relative comprise entre 40 et 60%, pas de lumière directe)
  • hygiène (nettoyage régulier, détection précoce de moisissures ou de présence de nuisibles).

Les archives définitives doivent être conservées de manière distincte des dossiers qui ne sont pas encore arrivés au terme de leur durée d'utilité.

Consultation

L'accès aux archives est un droit : les communes doivent permettre la consultation libre et gratuite des archives, dans un local ad hoc et distinct du local de conservation. Des restrictions d'accès sont possibles si les délais de protection courent toujours, si l'état matériel du document est trop mauvais ou si le travail demandé est disproportionné.

Les archives définitives doivent disposer d'inventaires, qui indiquent au moins le nom du lot d'archives, sa cote, et ses dates extrêmes.

Lorsqu'un dossier est sorti de son étagère, il faut le remplacer par un "fantôme", qui permettra de le replacer correctement lors du rangement.

Fonds privés

Les Archives communales peuvent accueillir des archives privées (d'associations, d'entreprises, de privés, ...), afin de constituer une mémoire collective plus large qu'avec les seules archives publiques. Dans ce cas, l'établissement d'une convention entre les deux parties est nécessaire.