Plan climat cantonal


Le Canton vise le « zéro ÉMISSION Nette » en 2050

Le Conseil d’État met en consultation son Plan climat cantonal. Ce rapport établit l’état de la situation des émissions de gaz à effet de serre (GES), fixe les objectifs du canton à l’horizon 2050, décrit les 80 mesures en cours de déploiement et propose 50 nouvelles mesures de réduction des GES et d’adaptation aux changements climatiques. A l’instar de la Confédération, l’atteinte de « zéro émission nette » ainsi que le maintien d’une bonne qualité de vie malgré les effets du changement climatique sont les objectifs supérieurs de la vision cantonale. Le Conseil d’État souhaite ainsi donner une impulsion forte à l’action climatique. En l’état, l’investissement net pour le canton représente 20 millions de francs pour les cinq prochaines années. 


Synthèse des travaux menés ces trois dernières années de façon transversale par l’administration cantonale, le Plan climat neuchâtelois constitue un instrument de planification permettant de coordonner les politiques sectorielles en matière de protection du climat. Pour le Conseil d’État, ce document constitue la première étape d’une transformation qui se déroulera sur plusieurs décennies. Il formalise et donne les impulsions nécessaires à transformer le canton dans une dynamique de développement durable. 


Zéro émission nette à l’horizon 2050 

Situées à quelque 5.4 t par habitant, les émissions cantonales de GES doivent être réduites d’ici à 2050 pour atteindre 1 t par personne. La nouvelle stratégie « zéro émission nette » de la Confédération veut que le solde soit réduit par des puits de carbone (naturels et techniques) ou des compensations à l’étranger. Le Conseil d’État fait également sien l’objectif du zéro net pour le canton de Neuchâtel. A ces fins, il se fixe pour but d’ici à 2050 : une réduction de GES par habitant de 90 %, une réduction de la consommation d’énergie finale par habitant de 60 % et une augmentation de la production d’énergie renouvelable de 500 %. 


80 mesures en déploiement et 50 nouvelles actions 

Au-delà de ses objectifs à 2050, le Plan climat neuchâtelois doit se matérialiser par des actions concrètes. Ainsi à côté des 80 mesures déjà validées et en déploiement (par exemple : développement du RER neuchâtelois, promotion des bornes de recharge électrique, obligation d’assainissement du parc bâtiments d’ici à 2050, concrétisation du plan de mobilité douce, augmentation de la production des énergies renouvelables, etc.), le Conseil d’État propose un paquet de 50 nouvelles mesures à mettre en œuvre sur les cinq prochaines années. À noter pour exemple : 
  • Accélération du taux d’assainissement énergétique du parc immobilier neuchâtelois ; 
  • Soutien au développement de technologies photovoltaïques à intégrer dans l’enveloppe du bâtiment ;
  • Redéploiement des transports publics à motorisation électrique dans le transport urbain ; 
  • Promotion d’une tarification des transports publics favorable au transfert modal ; 
  • Encouragement de l’hydrogène d’origine renouvelable pour le transport routier de marchandises ; 
  • Incitation à la pose de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments agricoles ; 
  • Encouragement des maîtres d’ouvrages à la construction en bois indigène ; 
  • Localisation et lutte contre les îlots de chaleur ; 
  • Extension des réseaux d’adduction d’eau en zone de montagne ; 
  • Développement d’une gestion des dangers naturels basée sur les risques ; 
  • Adaptation de la sylviculture pour garantir la multifonctionnalité de la forêt ; 
  • Revitalisation et création d’un réseau de biotopes humides. 


Des ressources pour une première étape de 5 ans 

Le déploiement des effets du Plan climat neuchâtelois est naturellement tributaire d’une mise en œuvre dynamique et cohérente de ses nouvelles mesures et ce dès 2022. Les coûts indicatifs pour le canton ont été estimés à 20,3 millions de francs pour la période 2022-2026, soit quelque 4 millions de francs par année. Toutefois ces charges n’intègrent pas encore les recettes fédérales qui pourraient être obtenues via le futur Fonds fédéral pour le climat. Celles-ci seront connues dans le courant de l’année 2021 et dépendront du scrutin fédéral du 13 juin prochain, relatif à la nouvelle Loi sur le CO2. Mais au-delà des coûts liés au déploiement de sa stratégie, le Conseil d’État souligne les effets socio-économiques positifs des investissements réalisés dans l’assainissement énergétique des bâtiments, la production locale d’énergies renouvelables, l’économie de proximité, la réduction de consommation d’énergies fossiles et la bonne utilisation du bois indigène mais aussi, la limitation des coûts d’adaptation au changement climatique sur le long terme. Le gouvernement dit sa conviction et sa volonté de réussir la transformation de notre société vers un développement réellement durable, en misant sur la création de valeur jumelée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. 


Consultation large 

Vu l’importance stratégique de ce projet pour le développement du canton, le Conseil d’État met ce document en consultation externe jusqu’à la fin du mois de mai, ceci afin de recueillir le plus largement possible les positions des milieux concernés et de la société civile.