Commentaire trimestriel

 

Croissance suisse modérée et premiers signaux encourageants pour le canton  

Février 2026​ - Fabienne Courvoisier - Banque Cantonale Neuchâteloise​​

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International et national​

Le début d’année 2026 s’inscrit dans un contexte international marqué par une croissance économique modérée (estimée à 3,3 % selon les perspectives de l’économie mondiale (PEM)), mais résiliente selon le Fonds monétaire international (FMI). L’institut a d’ailleurs revu légèrement à la hausse ses perspectives d’octobre dernier. Malgré le choc tarifaire annoncé, l’économie mondiale a finalement bien résisté. Comme principales raisons, le FMI mentionne l’apaisement des tensions commerciales, d’importantes mesures de relance budgétaire, des conditions financières accommodantes, l’agilité du secteur privé face aux perturbations des échanges, ainsi que l’amélioration des cadres d’action, notamment dans les pays émergents.
Dans ce contexte géopolitique, commercial et monétaire tendu, les marchés des métaux précieux connaissent une forte volatilité, reflet des incertitudes pesant sur l’économie mondiale. L’or et l’argent ont ainsi connu des fluctuations extrêmes en quelques semaines, atteignant l’un et l’autre des niveaux records.
En Europe, on assiste à une absence de récession et des indices des prix à la consommation en repli au niveau de l’objectif de 2 % que s’est fixé la Banque centrale européenne (BCE). L’assouplissement des politiques monétaires des grandes économies crée un environnement plus favorable, propice à soutenir les investissements et la demande.
Dans ce contexte international incertain, la résilience de l’économie suisse est à relever. La croissance restera modérée (+1,1 % en 2026), mais le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) annonce des perspectives embellies pour les branches concernées à la suite de l’accord ramenant les droits de douane américains de 39 % à 15 %. L’inflation a ralenti et devrait atteindre 0,2 % et le climat de consommation se situe presque au même niveau que l’année précédente (- 30 points).
Le franc demeure structurellement fort et devrait rester très solide pour l’année 2026. Cette situation continue d’exercer une pression sur la compétitivité des entreprises exportatrices et le tourisme entrant. Après une stagnation en novembre, l’hôtellerie suisse a toutefois repris quelques couleurs en enregistrant une hausse de fréquentation en décembre (+5,9 % sur un an).
Une embellie s’est également profilée pour les exportations horlogères suisses qui ont progressé de +3,3 % en décembre, après quatre mois consécutifs de fortes contractions. Cette reprise, précise la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), a notamment été portée par les États-Unis, marché vers lequel les exportations ont enregistré une hausse de 19,1 % suite à l’accord permettant de réduire les droits de douane à 15 %.

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Neuchâtel

​On le sait, l’économie neuchâteloise reste particulièrement sensible à l’évolution de la conjoncture internationale, en raison des industries qui la composent et de sa nature exportatrice. Malgré la prolongation des mesures de RHT, les pressions à la hausse sur le chômage se sont révélées marquées dans le canton. Celles-ci sont le reflet du ralentissement de l’économie mondiale, de la sensibilité du tissu industriel cantonal aux fluctuations de la demande extérieure, d’un contexte d’investissement plus prudent et d’une baisse de la consommation privée.
En ce début d’année, la situation conjoncturelle apparaît contrastée selon les secteurs. Forts contributeurs de l’économie locale, les secteurs de la restauration et du commerce de détail ont subi l’an dernier une vague de cessations d’activités. Le domaine de la construction a également été particulièrement touché. Au contraire, d’autres branches à haute valeur ajoutée comme la chimie-pharma, les technologies de précision ou encore le tertiaire orienté services, montrent des signes encourageants de stabilisation. Des annonces d’arrivées imminentes de commerces et d’enseignes dans la région sont toutefois réjouissantes.
Malgré un contexte international toujours tendu, les prévisions du PIB romand, publié par les banques cantonales romandes en automne 2025, font état d’une croissance cantonale qui pourrait rebondir en 2026 à 1,1 %.
Au niveau des indicateurs, même si les entrées de commandes témoignent d’un redressement de la demande, les prévisions de l’emploi, la marche des affaires et les perspectives de production restent négatives, reflétant la prudence des entreprises face à l’incertitude économique. Les stocks de produits, modérément positifs, montrent toutefois que l’offre est ajustée et prête à répondre à la demande, ce qui pourrait soutenir une stabilisation progressive de l’activité dans les prochains trimestres.

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