Le Conseil d'État a adopté le rapport 26.001, qui dresse un bilan complet des actions menées ces dernières années pour renforcer la dualisation de la formation professionnelle initiale dans le canton. Ce rapport évalue notamment la mise en œuvre du « contrat-formation », une prime financière annuelle financée par les employeurs neuchâtelois et destinée à soutenir les entreprises formatrices. Ce dispositif a contribué à une augmentation significative du nombre d'apprenti-e-s, même si les défis à relever pour atteindre un taux de dualisation de 85% sont importants.
Initié en 2020, le « contrat-formation » constitue l'une des mesures emblématiques mises en place pour renforcer l'apprentissage dans le canton. Financé par un fonds alimenté par un prélèvement auprès de l'ensemble des employeurs neuchâtelois, il permet le versement d'une prime annuelle moyenne de 5'000 francs aux entreprises qui forment des apprenti-e-s. La contribution des employeurs s'inscrit dans l'accord global conclu en 2019 entre les acteurs économiques et le Conseil d'État, dans le contexte d'une baisse de la fiscalité des personnes morales. Depuis cinq ans, le « contrat-formation » contribue de manière déterminante au maintien et au développement des places d'apprentissage, soutenant ainsi la progression du nombre d'apprenti - e - s en mode dual dans le canton.
Entre 2020 et 2024, le fonds en faveur de l'apprentissage a redistribué près de 95 millions de francs aux entreprises formatrices et financé la formation pratique en école professionnelle à hauteur de 92 millions de francs. Ces chiffres ont été présentés, ce mercredi 21 janvier 2026, lors d'une conférence de presse réunissant la conseillère d'État Crystel Graf, cheffe du Département de la formation et des finances, et Laurence Knoepfler Chevalley, cheffe du service des formations postobligatoires et de l'orientation.
Dix ans d'actions en faveur de l'apprentissage en mode dual
En 2016, 69% des jeunes effectuaient leur formation professionnelle initiale en mode dual ; aujourd'hui, ce taux atteint près de 82%. Cette progression significative résulte des nombreuses actions menées par les partenaires de la formation : événements d'orientation, actions de démarchage pour la création de places d'apprentissage, promotion de l'apprentissage, flexibilisation et adaptation des offres de formation. Enfin, le soutien des délégué-e-s professionnel-le-s pour coacher les nouvelles entreprises formatrices permet de renforcer directement la qualité de la formation à la pratique professionnelle attendue dans les entreprises du canton.
Ces efforts ont permis non seulement d'augmenter le nombre d'apprenti-e-s engagé-e-s en entreprise, mais également de réduire significativement les effectifs en école professionnelle à plein temps. Les avancées les plus marquantes concernent les domaines du commerce, de la santé, du social, de l'industrie et du numérique.
La politique menée au profit de l'apprentissage poursuit des objectifs bien plus larges que la seule maîtrise des coûts. En renforçant l'adéquation entre les attentes du monde professionnel et les compétences des jeunes, l'apprentissage favorise et facilite leur insertion sur le marché du travail. Il contribue également à préserver les savoir-faire spécifiques aux entreprises neuchâteloises et constitue une réponse durable aux enjeux de qualification, d'employabilité et de compétitivité pour le canton.
Poursuite des travaux
La mise en œuvre de l'initiative sur les soins infirmiers, notamment à travers l'offensive de formation, constitue une opportunité pour créer de nouvelles places d'apprentissage dans le domaine de la santé. En outre, des dispositifs innovants et flexibles destinés à des métiers spécifiques de l'industrie et de l'informatique devraient également soutenir l'augmentation du nombre de places d'apprentissage proposées dans les prochaines années.
Enfin, la maturité professionnelle post-CFC (MP2) deviendra plus attractive à l'horizon 2027-2028. Des réflexions sont menées pour faciliter l'accès aux cours préparant à la MP2 tant pour les apprenti-e-s que pour les personnes déjà engagées en emploi. En effet, la MP2, en particulier à temps partiel, en emploi, s'inscrit pleinement dans la logique de dualisation en permettant de se former sans rompre avec leur environnement professionnel.
Une dynamique durable
Grâce aux actions menées avec l'ensemble des partenaires privés et institutionnels de la formation, ainsi qu'à l'engagement fort des entreprises, l'apprentissage connaît une dynamique positive dans le canton depuis plusieurs années. Cette mobilisation des partenaires garantit la qualité de la formation à la pratique professionnelle pour les jeunes du canton.
Le « contrat-formation » illustre cette collaboration étroite entre l'État et le tissu économique et incarne la contribution solidaire de tous les employeurs neuchâtelois en faveur de la formation professionnelle. Le Conseil d'État réaffirme sa volonté de poursuivre les efforts afin d'atteindre, à terme, le taux de 85% de dualisation dans la formation professionnelle initiale et d'inscrire durablement le canton dans la moyenne suisse.