Renforcement du dispositif de traitement de la détresse paysanne

23.01.2026

Après avoir mis en place un dispositif éprouvé de traitement de la détresse paysanne, le canton va encore renforcer son action de détection, de prévention et d'accompagnement de situations de détresse agricole, ce à la suite d'un nouveau cas intolérable de maltraitance animale survenu à La Chaux-du-Milieu. De tels cas doivent être absolument évités.

Les contrôles dans l'agriculture permettent régulièrement de vérifier les bonnes pratiques agricoles, notamment dans le domaine de l'élevage et de la protection des animaux. Au fil des années et selon les règles fédérales en matière de bien-être animal, des investissements importants sont réalisés, en particulier pour des stabulations libres et des courettes de sortie hivernale des animaux. En cas de manquements, des mises en conformité sont exigées et des sanctions financières sont prises à l'encontre des exploitations non conformes. Quelques rares cas particulièrement problématiques ont aussi mené l'autorité cantonale à interdire la détention des animaux à des exploitant-e-s neuchâtelois-es.

Force est toutefois de constater que les cas de détresse paysanne semblent augmenter depuis quelques années. Cette tendance est probablement issue des pressions exercées sur l'agriculture (économique, politique, contraintes administratives, épizooties, grands prédateurs par exemple), de surcharge de travail ou d'autres problématiques purement familiales ou personnelles, telle la solitude. Fort de ce constat, le Département du développement territorial et de l'environnement (DDTE) a mis en place, dès 2018, une formation de médiation rurale pour prévenir les situations possiblement problématiques. Cette formation spécifique de sensibilisation a connu un beau succès dans le monde rural avec des progrès à la clé.

Dispositif de traitement de la détresse paysanne
Malheureusement, début 2025 un cas grave de maltraitance animale est survenu à La Chaux-du-Milieu. À la suite de cet événement, le DDTE a mis en place un nouveau dispositif de traitement de la détresse paysanne par voie de directive. Celle-ci a pour objectif de régler, entre les entités concernées, la détection précoce, la prévention et le traitement des cas à risque. Parmi les mesures du dispositif, une nouvelle formation est actuellement en cours auprès des nombreux-ses professionnel-le-s concerné-e-s. 

Début 2026, ce dispositif a permis de détecter un nouveau cas très problématique. L'action déterminée du service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) qui s'ensuivit a permis de sauver plus de cinquante bovins. Bien malheureusement, cinq bêtes étaient déjà mortes et dix durent être euthanasiées. 

Renforcement du dispositif
Le dispositif de traitement de la détresse paysanne fait ses preuves, mais doit encore être renforcé pour absolument éviter de tels cas. À ces fins, une séance de travail avec les divers intervenant-e-s est déjà convoquée pour fin janvier. De plus, des ressources complémentaires seront nécessaires pour les services de l'État concernés afin de garantir un système de détection et d'accompagnement encore plus serré sur les exploitations considérées les plus à risque. Des contrôles supplémentaires sont d'ores et déjà organisés pour les prochaines semaines. 

Il n'en demeure pas moins que l'État ne peut pas détecter seul les exploitations possiblement en difficulté. Il est dès lors important que les problèmes et leurs signes précurseurs soient signalés suffisamment tôt au service de l'agriculture ou au SCAV, notamment par les milieux agricoles et les communes, qui en ont la compétence. Cette manière de procéder permettra encore de renforcer la prévention, d'accompagner les familles concernées et d'éviter au maximum toute nouvelle situation de maltraitance.​