Inventaire neuchâtelois

 

Une procédure d’inventaire originale

Afin de respecter l’esprit et de la lettre de la Convention de l'UNESCO sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, Neuchâtel a fait le choix d’une démarche de recensement participative. Elle a donné aux porteurs de traditions un rôle central.
L’Etat a ainsi renoncé à élaborer une liste théorique a priori, pour permettre aux détenteurs de mieux se manifester. Les demandes d'inscription ont ensuite été évaluées par un groupe de référence constitué de spécialistes issus des musées et des bibliothèques, de l’Institut d'ethnologie de l'université de Neuchâtel et des services spécialisés de l’Etat.
 
Ce choix courageux d’un modèle participatif a porté ses fruits puisque, sur les huit demandes d’inscription déposées auprès de la Confédération par l’intermédiaire du canton, sept ont été retenues. Toutes ont été spontanément soumises par les détenteurs. Seule la torrée a fait exception: vu son usage diffus et largement répandu dans la population, identifier un porteur ou un groupe de porteurs paraissait à la fois artificiel et peu réaliste. Ainsi, toutes ces traditions peuvent être pleinement qualifiées de "vivantes".

 

Autres traditions neuchâteloises

Etant donné la procédure participative d’inventaire voulue par le canton, certaines coutumes neuchâteloises marquantes ont été laissées de côté : les porteurs de traditions ne se sont pas mobilisés.
C’est le cas pour les itinéraires traditionnels de randonnées familiales, ou encore de la Braderie de la Chaux-de-Fonds, une fête biennale née dans les années 1930 qui reflète le contexte socio-économique douloureux de l’époque, marqué par la crise et le chômage, et dont l’existence a perduré jusqu’à aujourd’hui.
A l’échelle cantonale, c’est enfin également le cas de l’industrie horlogère. En effet, le canton de Neuchâtel a estimé inopportun d'entamer de démarches à l’insu des porteurs des pratiques, usages, traditions, techniques et savoir-faire liés à l’horlogerie régionale. Il a toutefois été associé à l’établissement du dossier interrégional relatif au Savoir-faire horloger, qui réunit l’ensemble de l’Arc jurassien, de Genève à Schaffhouse.
 

Développements

La thématique du patrimoine culturel immatériel a également été abordée à l'Université de Neuchâtel, sous l'égide de la professeure d'ethnologie Ellen Hertz. Le Musée d'ethnographie a dédié un cycle de trois expositions au PCI. Des échanges très enrichissants ont pu être établis avec ces deux institutions qui étaient représentées dans le groupe de travail.
Ce dernier a réfléchi à une manière de mettre en valeur le PCI neuchâtelois. Car contrairement à ce qui se passe dans d'autres cantons , cette thématique rencontre peu d'écho dans le canton, hormis auprès des associations concernées !
 
Un ouvrage est d'ailleurs paru, édité par Ellen Hertz et Fanny Wobmann, qui explore cette spécificité: Complications neuchâteloises. Histoire, tradition, patrimoine (éd. Alphil, 2014).