Maladies transmises par les tiques

La tique

La tique la plus commune en Suisse porte le nom d'Ixodes ricinus et peut transmettre deux types de maladie infectieuse: la borréliose de Lyme et l'encéphalite à tiques.

Les forêts à riche sous-bois et les lisières de forêts constituent l'habitat idéal de la tique. Là, elle vit au niveau du sol et sur la végétation basse, en attente d'un hôte de passage, homme ou animal. Contrairement à une idée largement répandue, la tique ne tombe pas des arbres.

La tique montre une large répartition géographique en Suisse, et en particulier dans les forêts mixtes et de feuillus du Plateau, se faisant plus rare en altitude. Les forêts du Littoral neuchâtelois lui offrent des conditions de vie idéale.

Les tiques sont surtout actives au printemps (mars – juin) et en automne (août – octobre), évitant les trop fortes chaleurs de l'été et la froidure de l'hiver.

Les trois différents stades : larve, nymphe, adultes (femelle et mâle)

PHOTO : © M.Crippa Humair

​Éruption cutanée (erythème migrant) apparaissant autour du point de piqûre de la tique

PHOTO : © N. Mutt​​ner

 

  • Avant et pendant une activité en forêt

    • Porter des chaussures fermées et des vêtements couvrants (pantalons longs, manches longues) de couleur claire pour repérer facilement les tiques
    • Utiliser un produit répulsif contre les tiques sur les vêtements et/ou la peau
    • Eviter au maximum le contact avec les herbes bordant les chemins forestiers et la végétation basse du sous-bois
    • Anticiper une vaccination contre l'encéphalite à tiques en cas d'activités prévues dans une zone à risque

     

    Après une activité en forêt

    • Inspecter attentivement toute la surface corporelle, et en particulier les aisselles, les plis cutanés (coudes, genoux, aine, nombril), les parties génitales, la tête et le cuir chevelu
    • En cas de piqûre de tique, l'enlever comme expliqué dans l'encadré ci-dessous
    • Prendre une douche
    • Réitérer l'examen visuel de toute la surface corporelle les jours suivants
    • En cas de rougeur cutanée et/ou de symptômes grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires), consulter un médecin
    • ​Enlever la tique le plus rapidement possible afin de réduire le risque de transmission d'infection. Pour une tique attachée durant moins de 24 heures, le risque de transmission d'agents infectieux est très fortement réduit, voire nul. Le risque augmente avec le temps.
    • Se munir d'une pince à pointes fines ou d'une pince à tique (disponible en pharmacie)
    • Saisir la tique au plus près de la peau
    • Exercer une traction rectiligne, lente et continue jusqu'à ce que la tique se détache

      © CDC, USA

     

    • Désinfecter le point de piqûre
    • Noter la date de la piqûre sur son agenda
    • Surveiller le point de piqûre durant les 4 semaines suivante
    • Consulter un médecin en cas de rougeur cutanée et/ou de symptômes grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires)
    • Eviter les mouvements rotatoires lors du retrait de la tique, ainsi que l'usage de produits tels que benzine, huile, produit pour les ongles, etc.

 

La borréliose de Lyme ou maladie de Lyme

La borréliose de Lyme est causée par un complexe de bactéries, Borrelia burgdorferi sensu lato. En Suisse selon les forêts, 5 à 50% des tiques sont infectées par cet agent pathogène. Toute piqûre de tique ne signifie donc pas qu'il y a eu transmission de l'agent infectieux.

La maladie de Lyme touche différents systèmes (peau, système nerveux, appareil locomoteur, cœur). On distingue trois phases évoluant dans le temps, mais toutes ne sont pas nécessairement présentes.

Symptômes

Phase primaire (1 – 30 jours après la piqûre de tique)

Une rougeur cutanée (érythème migrant) apparaît autour du point de piqûre de la tique. Cette rougeur tend à s'étendre progressivement pendant quelques jours, prenant la forme d'un anneau (voir photo ci-dessus), et finit par disparaître. Cette phase peut s'accompagner de symptômes d'allure grippale (fièvre, douleurs musculaires, fatigue).

Phase secondaire (quelques semaines à plusieurs mois après la piqûre)

Les symptômes peuvent être d'ordre articulaire (arthrite), cutané, neurologique (paralysie faciale, méningite) et plus rarement cardiaque (arythmies).

Phase tertiaire (plusieurs mois ou années après la piqûre)

A cette phase apparaissent des troubles à caractère chronique avec des atteintes dermatologiques ou neurologiques.

Traitement

Les antibiotiques permettent un traitement efficace, particulièrement dans les premières phases de la maladie. Les symptômes tardifs peuvent être plus difficiles à traiter.

Prévention

Il n'existe actuellement pas de vaccin contre la borréliose de Lyme.

 

L'encéphalite à tiques

L'encéphalite à tiques est causée par un virus qui n'est présent que dans certaines zones délimitées, appelées foyers naturels (voir carte de répartition). Ces zones à risque se concentrent surtout dans le nord-est de la Suisse, mais de nouvelles zones ont été découvertes ces dernières années plus à l'ouest du pays.

Bien qu'aucun foyer naturel n'ait été détecté sur le territoire neuchâtelois jusqu'à ce jour, de nombreuses zones à risque se trouvent à proximité dans les cantons limitrophes (BE, FR, VD): notamment Seeland et environs, rives Sud du Lac de Neuchâtel, Vallon de St-Imier, Plaine de l'Orbe et environs (voir carte des zones à risque proches du canton de Neuchâtel).

Dans ces forêts à risque, très peu de tiques (0.5-3%) sont infectées par le virus de l'encéphalite à tiques.

Symptômes

Dans 70 à 90% des cas, l'infection virale passe totalement inaperçue. Dans le reste des cas, des symptômes de type grippal (fièvre, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires) apparaissent 7-14 jours après la piqûre d'une tique infectée, durent de 1 à 8 jours et finissent par disparaître dans la majorité des cas sans autre trouble.

Une seconde phase peut survenir dans moins de 10% des cas environ 8 jours après les symptômes grippaux. Cette phase se caractérise par une forte fièvre et des troubles neurologiques graves (méningite ou méningo-encéphalite), qui peuvent laisser des séquelles permanentes. Le décès peut survenir dans de très rares cas (0.05 – 0.1%).

Traitement

Aucun traitement spécifique n'existe contre cette maladie virale, et seuls les symptômes peuvent être atténués.

Prévention

Un vaccin sûr et efficace existe contre l'encéphalite à tiques et est recommandé aux personnes fréquentant des zones à risque.